Et si l'épreuve devenait un nouveau départ ?

Le 23 mai 1988, ma vie bascule brutalement. Victime d'un accident de pêche provoqué par une ligne électrique de 25 000 volts, je perd mes deux bras. À seulement 29 ans, je dois réapprendre à vivre, accomplir les gestes les plus simples du quotidien et reconstruire mon avenir.

Refusant de me laisser définir par mon handicap, je reprends progressivement le contrôle de ma vie. Je retrouve mon métier dans la Police nationale, développe de nombreuses solutions d'adaptation et transforme chaque difficulté en défi à relever.

Le sport devient alors un formidable moteur de reconstruction. Ancien judoka et marathonien, je découvre la nage avec palmes, discipline dans laquelle je repousse sans cesse mes limites. Au fil des années, je réalise des traversées en mer spectaculaires, dont celle séparant la Corse de la Côte d'Azur démontrant que la détermination peut ouvrir des horizons que l'on croyait impossibles.

Aujourd'hui, je partage mon expérience à travers ses livres et ses conférences. Mon témoignage, empreint d'authenticité, d'humour et d'humanité, invite chacun à dépasser ses peurs, à croire en ses capacités et à transformer les épreuves en force. Mon histoire rappelle qu'il est toujours possible de se relever, de se réinventer et de donner un nouveau sens à sa vie.

 

Puis vient une maladie sournoise appelée covid, j’ai été infecté lors de la troisième vague, mais ce n’était pas les vagues de la Méditerranée, celles que Thierry avait l’habitude d’affronter. Celles-ci ne mouillaient pas, mais faisaient très mal. Je me suis retrouvé quatre mois en réanimation, dont trois dans le coma, avec l’incertitude pour les miens, le questionnement pour les soignants.

À mon réveil, tout était un peu confus. Un jour où j’avais le moral très bas, mon épouse a demandé aux soignants si c’était possible de faire monter quelqu’un qui ne faisait pas partie de la famille, mais qui trouverait les mots justes pour me remotiver. Elle a donc appelé Thierry pour lui expliquer la situation. Il accepta immédiatement, malgré le fait qu’avec Patou ils étaient en plein préparatifs de déménagement, eh oui, le Dauphin quittait la Méditerranée.

Ma femme lui signala que pour pouvoir rentrer dans le box il fallait porter le masque, il lui répondit avec humour qu’il n’y avait pas de problème, mais qu’il avait un peu de mal à mettre les élastiques derrière les oreilles.

Thierry est donc venu, nous sommes restés tous les deux à dialoguer, ses paroles et sa présence m’ont fait beaucoup de bien, et surtout, dans mon combat qui n’est pas terminé, je pense souvent à lui.

Ange-Marie Ottavy

Il y a des rencontres qui vous marquent dans la vie et celle avec Thierry en fait définitivement partie. C'est un peu facile de dire cela me direz-vous et pourtant quand on est journaliste on rencontre toutes les semaines des dizaines de personnes. Le plus important pour moi c'est l'humanité. Ce que la personne a au fond d'elle même, dans ses tripes mais surtout dans son coeur. Je réalise pour Tout le sport ou Stade 2 des dizaines et des dizaines de reportages par an. Mais il est rare que je garde contact avec une personne. Trop de voyages, trop peu de temps et un sujet chasse souvent l'autre. C'est horrible à dire mais c'est vrai. 

Et là, le déclic ! Je me suis dis dès la première fois que j'ai vu Thierry : comment une personne à qui il est arrivé un tel accident avec de telles conséquences peut avoir une telle joie de vivre et une telle gentillesse ?

Alors de fil en aiguilles j'ai gardé contact avec Thierry, il m'arrive même de penser à lui souvent dès que j'aperçois une photo de la mer en Corse. Je me dis que le dauphin corse est surement entrain de nager et de prendre du plaisir. Cela me donne de la force et chaud au coeur. C'est d'autant plus vrai maintenant que je connais son petit Colibri !

Je suis un petit nageur, je vais quand le temps me le permet faire quelques longueurs en piscine, à Paris, à Strasbourg, à Munich, là où me mène mes reportages et mon bonnet est celui de son association. Je ne nage pas aussi bien que mon ami Thierry mais j'espère être aussi bon que lui car rencontrer Thierry cela marque une vie.

 

David Sandona

journaliste France TV

Une belle rencontre de la vie comme il n’en arrive qu’une fois. Le challenge était élevé : réussir à faire nager un fer à repasser ! Tu as dépassé toutes mes espérances en atteignant le Graal : CHAMPION DE FRANCE DE NAGE AVEC PALMES.

Ce qui m'interpelle, c‘est que notre rencontre s’est faite tout naturellement, comme si on se connaissait depuis longtemps... et que l'on allait finir par se rencontrer.

Je t'ai fait monter à mes côtés de la 3ᵉ à la 1ʳᵉ marche du podium au Défi de Monte-Cristo, avec ton sourire qui en disait long sur notre amitié à venir. Aujourd’hui, tu fais partie des nageurs les plus redoutés et les plus respectés dans la nage avec palmes.

Un jour, j’ai entendu un truc fou à la télévision pendant les Jeux olympiques :

« Nous ne sommes pas des sportifs handicapés, mais des sportifs qui avons un handicap. »

Aujourd'hui, c'est nous qui sommes handicapés quand on nage contre toi...

Alors respect, Monsieur le Dauphin Corse.

Je n’ai jamais douté de toi.

Ton ami,

Louis

Louis Pinci